Le loup dans la bergerie
12 novembre 2008 - Qui aurait cru possible un jour de
voir sur la même scène José Bové, leader altermondialiste, anti-ogm et André
Beaudoin représentant de la toute puissante UPA.
Et bien c’est le menu d’ouverture
que nous offrira l’Association
québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) pour la 12e édition des Journées
québécoises de la solidarité internationale.
L’UPA qui se déguise en défenseur de
la souveraineté alimentaire1 tente par tous les moyens de redorer
son image auprès des petits agriculteurs et il n’est pas surprenant que même
l’AQOCI soit tombé dans le panneau.
Lorsque l’on sait que les fermes sous
gestion de l’offre disparaissent plus vite que dans tout les autres secteurs,
que la relève est inexistante, que le prix des quotas anéantissent les chances
de transfert de la ferme, que l’imposition de ce système en acériculture à fait
disparaître quelques centaines d’acériculteur dans la même année et que la
gestion en vase clos de ce système s’apparente à un cartel…disons que la
définition de la souveraineté en prend pour son rhume.
L’Union paysanne ne jette pas la
pierre à l’AQOCI qui fait un travail sérieux et solide sur le terrain de la
coopération international. Nous pensons plutôt qu’elle devrait saisir
l’occasion pour questionner le faux verni de souveraineté alimentaire de l’UPA.
Certains diront que ce n’est pas vraiment l’UPA qui se retrouve présente lors
de cette rencontre mais plutôt l’UPA DI une filiale internationale de la maison
mère.
Alors si vous voulez connaître la
latitude d’André Beaudoin à l’UPA DI demander lui d’endosser officiellement les
positions de la Via Campesina2 sur la souveraineté alimentaire.
<!--[if !supportLists]-->-
<!--[endif]-->Qu’il reconnaisse le droit à tout
agriculteur de choisir son syndicat comme inscrit dans la Charte des droits de
l’Homme des Nations Unies et que seul l’UPA bafoue.
<!--[if !supportLists]-->-
<!--[endif]-->Qu’il se prononce contre les OGM
et tout brevetage du vivant.
<!--[if !supportLists]-->-
<!--[endif]-->Qu’il reconnaisse aux
travailleurs immigrants le droit de se syndiquer sur les fermes du Québec.
<!--[if !supportLists]-->-
<!--[endif]--> Qu’il dénonce les subventions à l’éthanol-maïs
<!--[if !supportLists]-->-
<!--[endif]-->Qu’il reconnaisse la nécessité de
réduire les subventions aux grands producteurs agricoles par une réforme de la
Financière agricole du Québec et de les réorientés vers les fermes vivrières.
Il existe des dizaines d’autres
questions auquel André Beaudoin ne pourras pas répondre car il se doit de
collaborer par son silence au système mise en place par l’UPA.
Malheureusement
l’UPA et ses affiliés ont livré la classe agricole en pâture aux mécanismes du
marché mondiale, aux ogm, aux pesticides et aux herbicides. Sans compter que
celles qui restent son rendu esclave d’un système féodal. Maintenant que le
système leur ait défavorable elle tente de se draper du discours sur la
souveraineté alimentaire mais l’Union paysanne n’est pas dupe et dénoncera ses
manœuvres.
C’est d’ailleurs pour toute ses raisons que l’UPA ne sera
jamais membre de la Via Campesina car les paysans savent qu’il ne faut jamais
confier les clefs du poulailler au renard.
1- La souveraineté alimentaire
est un concept développé et présenté pour la première fois par Via Campesina
lors du Sommet de l'alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996. Il a
depuis été repris et précisé par les altermondialistes lors des différents
Forums Sociaux Mondiaux.
La souveraineté alimentaire est présentée comme un
droit international qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays
de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs
populations sans qu'elles puissent avoir un impact négatif sur les populations
d'autres pays. La souveraineté alimentaire est donc une rupture par rapport à
l'organisation actuelle des marchés agricoles mise en œuvre par l'OMC.
Contrairement à la sécurité alimentaire qui ne
s'intéresse qu'aux quantités d'aliments disponibles, la souveraineté
alimentaire accorde en plus une importance aux conditions sociales et
environnementales de production des aliments. Elle prône une répartition
équitable des moyens de production entre les paysans, au moyen si nécessaire
d'une réforme agraire et d'une redistribution de terres.
Au niveau local, la souveraineté alimentaire
favorise le maintien d'une agriculture locale de proximité destinée en priorité
à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et
l'agriculture familiale sont favorisées. La place et le rôle des femmes sont
privilégiés.
La souveraineté alimentaire privilégie des
techniques agricoles qui favorisent l'autonomie des paysans. Elle est donc
favorable à l'agriculture biologique et à l'agriculture paysanne. Elle refuse
l'utilisation des plantes transgéniques en agriculture.
2- Vía
Campesina est un mouvement international composé d’organisations paysannes de
petits et moyens agriculteurs, de travailleurs agricoles, de femmes ainsi que
par des communautés indigènes d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe. C’est
un mouvement autonome, pluraliste et indépendant de tout mouvement politique,
économique ou autre. Il est composé d’organisations nationales et régionales
qui préservent leur autonomie. C’est en fait le plus grand regroupement
d’agriculteur au monde.
30
Benoit
Girouard Frédéric
Sauriol
Porte
parole Union paysanne Secrétaire
Général
450-495-1910 450-562-0104
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