Montréal,
le 6 octobre 2008 – Alors que la Communauté métropolitaine de Montréal
(CMM) tient actuellement un colloque sur les meilleures pratiques
d’élimination des matières résiduelles, le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), Action RE-buts et le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED)
affirment que la CMM fait fausse route en prônant la gazéification des
déchets comme solution miracle pour réduire la quantité de matières
résiduelles acheminées dans les sites d’enfouissement. Rappelons que la
gazéification est une technique de destruction thermique des matières
résiduelles, au même titre que l’incinération.
« Brûler
des matières qui sont recyclables ou compostables au lieu de les
remettre dans le cycle de production, c’est un gaspillage de
ressources, pas de la valorisation et encore moins du développement
durable. » rappelle Coralie Deny du CRE-Montréal.
D’autre
part, les groupes dénoncent le fait que les études menées par la CMM
n’ont pas permis de comparer les différentes technologies
d’élimination, comme la gazéification et l’enfouissement, aux technologies
de valorisation des matières résiduelles que sont le compostage et le
recyclage. De plus, la comparaison et la pondération des technologies
d’élimination est basée sur deux prémisses contestables : la quantité
de matières résiduelles générées pour la prochaine décennie va
continuer d’augmenter au même rythme qu’aujourd’hui et l’objectif
global de détournement de l’élimination ne dépassera pas 60% même en
2025.
« La CMM fait fausse route sur les plans environnemental et économique en misant de la sorte sur la gazéification », estime Karel Ménard, du FCQGED.
« L’investissement dans ces technologies nous fait entrer dans une
logique de production de déchets pour rentabiliser ces choix ». Le
gouvernement du Québec ne doit pas accepter de financer le plan de 850
millions de $ de la CMM, tel qu’il est présenté en ce moment. La CMM
doit refaire ses devoirs en privilégiant les technologies en amont de
la gazéification.
En
plus d’être très coûteuses du point de vue des installations, les
groupes précisent que les techniques d’incinération ou de gazéification
sont loin d’être aussi avantageuses pour l’environnement que le
recyclage et le compostage. « En abordant la question sous l’angle de
la lutte aux changements climatiques, la réduction des gaz à effet de
serre (GES) est beaucoup plus intéressante avec le recyclage par
exemple que l’incinération » affirme Julien Lasserre
d’Action RE-buts. « Concernant la gazéification, c’est le principe de
précaution qui s’impose puisqu’il nous manque l’avis d’experts
indépendants pour mesurer les impacts écologiques de cette technologie
soutenue par les géants de l’industrie. »
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Des
informations sur la gazéification et sur la situation actuelle de la
gestion des matières résiduelles de la CMM sont disponibles à l’adresse
suivante : www.cremtl.qc.ca
Pour information :
Leïla Copti, CRE-Montréal, 514.661.6134
Karel Ménard, FCQGED, 514.396.2686
Edith Tessier Roy, Action RE-buts, 514.396.7894