Projet de loi 92 : Un projet de loi qui protège Quoi? ou Qui?
Montréal, le 23 septembre 2008 - La Coalition
québécoise pour une gestion responsable de l’eau Eau Secours! dépose aujourd’hui son
mémoire dans lecadre des consultations sur le projet de loi 92, affirmant
le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection.
Martine Ouellet, présidente et Pierre-Louis Trudeau , vice-président
représenteront la Coalition aux auditions de la commission des transports et de
l’environnement de l’Assemblée nationale du Québec aujourd’hui à 17h.
Lors de l’annonce de ce projet de loi, Eau
Secours! avait exprimé sa déception face au contenu. Le projet ne vise pas
la protection des ressources, mais les conditions nouvelles de leur
exploitation selon les orientations ponctuelles futures du gouvernement.
La Coalition considère que le projet de loi est
sans fondement juridique et enlève tout droit aux citoyens, alors que le
ministre se donne tous les pouvoirs. De plus le projet ouvre la porte à de
nouveaux avantages au secteur privé de l’économie et lève l’interdiction d’exporter
l’eau en vrac.
C’est pourquoi Eau Secours!, dans son mémoire,
demande le retrait de ce projet de loi et recommande qu’une nouvelle loi de l’eau
soit déposée. D’ici à ce qu’elle soit en vigueur, la Coalition demande un
moratoire pour l’émission de tout nouveau permis de captage d’eau pour l’embouteillage,
tel qu’instauré en 1998. Voici les principales recommandations émises par Eau
Secours! :
- Que soit inscrit
dans la constitution du pays un droit d’accès à l’eau en quantité et
qualité suffisante, ainsi que le maintien de la gestion publique des infrastructures
reliées à l’eau;
- Que le statut de l’eau
souterraine et de l’eau de surface soit un statut de chose commune, c’est-à-dire
que personne ne peut être propriétaire de l’eau et s’accaparer la ressource
et que le statut de l’eau soit inscrit dans un texte fondamental, tout
autant son accessibilité que son partage communautaire;
- Préserver la
qualité de l’eau, car on ne peut plus penser que celle-ci est garantie.
Différents facteurs comme la pollution, la prolifération des algues
bleu-vert et les diverses utilisations que nous en faisons, la
fragilisent;
- Préserver la
quantité de l’eau, parce que la demande continue de croître alors que les
réserves d’eau utilisables diminuent constamment. Il faut s’assurer que l’on
ne pompe pas plus d’eau que ce qui entre dans la nappe phréatique. On pourrait
donc installer des contrôles de quantité pour s’assurer de ne pas épuiser
la ressource;
- Assurer un suivi
des quantités. L’État doit s’assurer de ne pas épuiser la ressource. On doit
donc être en mesure de connaître les données réelles de l’état des
aquifères;
- Établir une
priorisation des usages afin d’éviter les conflits en cas de pénurie. Il
est essentiel que ressorte en premier l’usage pour la santé, pour la vie;
- Permettre une
implication directe et active des citoyens et citoyennes. Il serait donc,
essentiel de permettre des recours à des citoyens et citoyennes qui
chercheraient réparation judiciaire d’un tiers ou qui contesteraient une
initiative de l’État pour les atteintes à leur droit d’accès à l’eau.
La Coalition attend du gouvernement qu’il fasse un
véritable effort pour doter le Québec d’une loi de l’eau avec des normes et des
effets obligatoires et que cette loi ait une prépondérance sur toute autre disposition
législative ou réglementaire de l’autorité de l’Assemblée Nationale du Québec.
À cet égard, une loi visant réellement la protection de la ressource devrait,
au plan juridique :
a) garantir à la personne physique la protection
constitutionnelle du droit d’accès à une eau de qualité en quantité suffisante
pour ses besoins vitaux;
b) établir le statut de chose commune de toutes les
eaux du territoire et du domaine québécois au bénéfice des personnes physiques
résidant au Québec;
c) privilégier les recours de chaque personne
physique à la réparation judiciaire pour les atteintes au droit d’accès
personnel à l’eau et à celui de l’ensemble des personnes qui subissent le même
dommage;
d) prévoir l’imposition de dommages punitifs et la
condamnation aux coûts des poursuites dans tous les cas d’atteintes
intentionnelles ou irréfléchies au droit d’accès à l’eau;
e) déclarer le principe de la gouvernance et de la
gestion publiques de la distribution et du traitement des eaux;
Vous trouverez, ci-joint, le mémoire d’Eau Secours! et sur le site internet www.eausecours.org .
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