jeudi, 21 août 2008 pour diffusion immédiate
Montréal, le 21 août 2008. Trois organisations non-gouvernementales ont déploré aujourd’hui la décision d’Hydro-Québec de dépenser deux milliards de dollars pour reconstruire le vieux réacteur nucléaire de Bécancour.
« Cette décision garantit que l’air et l’eau vont continuer à être pollués par des poisons radioactifs pendant encore des décennies et que les dépôts de déchets radioactifs vont continuer à s’accumuler sur le bord du fleuve St-Laurent. C'est une menace pour les générations futures québécoises », a déclaré Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire. « C’est une mauvaise décision, et elle doit être renversée. »
« Selon les documents d’Hydro-Québec, le réacteur nucléaire relâche de manière routinière des isotopes radioactifs dans l’environnement. Il y en a 49 qui vont dans l’air et 42 qui vont dans l’eau », déclare Marcel Jetté, président du Regroupement des travailleurs victimes du nucléaire. « Même l’entrepôt de Gentilly-2, où des déchets radioactifs sont gardés, relâche 8 isotopes radioactifs dans l’environnement tous les jours ».
Un de ces produits relâchés par Gentilly-2 est le tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène. Il est émis dans l’air sous la forme de vapeur d’eau, et dans le fleuve sous la forme d’eau tritiée radioactive. Quand on respire cette vapeur, un fort pourcentage de ce tritium est absorbé par le corps humain. Une fois à l’intérieur du corps, le tritium peut causer un cancer et des mutations génétiques. Chez les femmes enceintes le tritium est absorbé par le foetus.
Chaque année, le réacteur Gentilly-2 relâche plus de 100 trillions de becquerels de tritium dans l’atmosphère, et beaucoup plus dans l’eau. (Un becquerel, unité de radioactivité, correspond à une désintégration par seconde.)
« Ces chiffres montrent que l’énergie nucléaire n’est pas une forme d’énergie propre, affirme André Bélisle », président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique. « Dans son rapport de 2006, le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) révélait que les émissions routinières de tritium sont si élevées que la radioactivité dans l’eau potable des communautés avoisinantes serait illégale en Californie, État où les normes sont plus strictes. »
Au Canada, on permet un niveau de radioactivité pour le tritium dans l’eau de 7 000 becquerels par litre (Bq/L). En Californie un niveau de seulement 15 Bq/L est permis. En 1993, un comité scientifique aviseur a demandé que le niveau permissible en Ontario soit réduit à 20 Bq/L pour l’eau potable. Récemment le Conseil de ville de Toronto demandait que ce niveau soit imposé, mais la mesure n’a pas encore été adoptée.
Qu’en est-il des 48 isotopes radioactifs relâchés quotidiennement par Gentilly-2? Seul l’iode 131 est l'objet d'une attention particulière. Cette substance radioactive se concentre dans le lait et se loge dans la glande thyroïde des enfants et des adultes. Il peut causer le cancer et toute une panoplie de problèmes de développement chez les enfants, allant des problèmes de croissance à l'attardation mentale.
Hydro-Québec a distribué des comprimés d’iode non-radioactif à la population vivant dans le voisinage du réacteur. Advenant un accident avec émission d’iode 131, l’iode des comprimés ira saturer la glande thyroïde et pour réduire la quantité d’iode 131 qui serait absorbée autrement.
Mais il n’y a pas ce genre de protection contre les 48 autres isotopes radioactifs qui sont relâchés dans l’air et les autres 41 relâchés dans l’eau. « Les Québécois n’ont pas besoin de l’énergie nucléaire », affirme André Bélisle.« Pourquoi ajouter des poisons radioactifs à l’air que nous respirons? » demande-t- il.
« Il y a un moratoire sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires au Québec depuis 1978, mais maintenant Hydro-Québec veut contourner ce moratoire en construisant un nouveau réacteur à l’intérieur de la coquille du vieux réacteur. Cela ne devrait pas être permis. »
Les trois organisations en appellent au premier ministre Jean Charest de mettre en vigueur le moratoire et de protéger l’environnement en refusant la demande de reconstruction de Gentilly-2. Il serait beaucoup mieux d’investir les deux milliards de dollars dans l’efficacité énergétique partout dans la province, ce qui sauverait beaucoup plus d’énergie que Gentilly-2 ne pourra jamais produire.
L'ensemble de la lettre au Premier ministre
Émissions radioactives routinières identifiées par H-Q
Pour plus de renseignements, veuillez prendre contact avec :
Gordon Edwards, Ph.D., président du RSN,
Regroupement pour la surveillance du nucléaire
bureau (514) 489 5118 Cellulaire (514) 839 7214
André Bélisle, président de l'AQLPA
Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
bureau 418-642-1322 cellulaire : 418-386-6992
Marce Jetté, président du RTVN
Regroupement des travailleurs victimes du nucléaire
819-376-8785