Un débat sur la place de l'énergie nucléaire au Québec s'impose
Montréal, le
21 août 2008 - Le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) est très déçu
de la décision du Gouvernement du Québec de confirmer la réfection de la
centrale nucléaire de Gentilly‑2. On dénonce les contournements de démocratie,
la sous-évaluation de l’ampleur des impacts environnementaux et l’absence de
réflexion en profondeur sur les alternatives au projet.
Voir aussi le
communiqué de l’AQLPA, le RSN et le RTVN
Modèle de lettre à Mme Beauchamp Lettre au vérificateur général
L’empressement
estival et l'absence de débat sur les avantages et surtout les inconvénients
graves que le maintien de cette centrale et le stockage des déchets radioactifs
peuvent avoir à court, moyen et à long terme sur l’environnement, le personnel
de cette centrale ainsi que la santé publique sont choquants, affirme avec une
certaine inquiétude Yvan Croteau, président du RQGE. Un projet d’une telle envergure devrait faire l’objet d’une
consultation auprès du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)
mais la réglementation environnementale actuelle soustrait des projets comme
Gentilly‑2 à tout examen de leur impact sur l'environnement. Est-ce irrévocable
? L’Assemblée nationale devrait également être saisie de cette question
d’importance nationale. Notons qu’un militant de longue date, Michel Fugère,
s'est vu refuser l'accès à la conférence de presse, pourtant publique, sur
l'annonce de cette réfection. Pourquoi le gouvernement Charest bafoue-t-il
ainsi les droits démocratiques fondamentaux de la population québécoise ?
Hydro-Québec
mentionne que la production de Gentilly‑2 représente environ 3 % de la
production totale d'électricité d'Hydro-Québec. Avons-nous réellement besoin de
l’électricité que produira cette centrale ? Est-ce qu’un investissement
comparable dans les économies d’énergie et dans la production d’énergie verte
donnerait des résultats comparables
sinon supérieurs à la production de cette centrale ?
Le maintien
et la création d'emplois dans une région affectée par la crise forestière et
dans le secteur manufacturier ont été présentés comme des avantages à la
réfection de cette centrale. Or, "On ne ferme pas une centrale
nucléaire comme on ferme un dépanneur", de dire Michel Fugère du
Mouvement vert Mauricie. L’arrêt de la centrale exige le maintien des
opérations sur une quarantaine d'années afin d’assurer le refroidissement du
réacteur ainsi que la sécurisation des lieux. De plus, une partie du personnel
actuel de Gentilly‑2 pourrait tirer profit de la sécurisation des déchets
nucléaires et de la centrale en développant une expertise de niveau mondial
dans ce domaine.
Une
évaluation indépendante et un débat public transparent s'imposent afin que la
population du Québec comprenne les enjeux environnementaux, sociaux et économiques
reliés à la réfection de Gentilly‑2 et le stockage des déchets de combustible
irradié afin qu’elle puisse décider en toute connaissance de cause si le Québec
demeure ou non dans l’ère nucléaire pour les 25 prochaines années.
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Information :
Michel Fugère, Mouvement Vert Mauricie, membre du RQGE
Tél. : (819) 532-2073
Courriel :
Maude Prud’homme, RQGE
Tél. : (514) 392-0096
Courriel :
info@rqge.qc.ca
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