Selon Christian
Simard de Nature Québec, un des porte-parole de la coalition, « L’acquisition
de Pointe-Lepreau ferait entrer de manière non-équivoque le Québec
dans le club nucléaire canadien. Cela va
à l’encontre des politiques traditionnelles du Québec
à l’égard de la filière nucléaire depuis que René Lévesque a
décrété, en 1979, un moratoire sur son expansion et que Robert Bourassa
a établi, en 1989, une politique affirmant que jamais le Québec n’acceptera
de procéder à la gestion permanente des déchets radioactifs sur
ou en bordure
de son territoire. Jusqu’à
ce jour, la politique du gouvernement du Québec a constamment réitéré
que l’aventure nucléaire québécoise se terminerait avec la fin
de vie utile de la centrale nucléaire Gentilly-2 prévue pour 2013.
Pour les québécois, devenir
des promoteurs, via Hydro-Québec, de la filière nucléaire canadienne
aura des conséquences environnementales,
économiques, sociales et intergénérationnelles considérables. En
contrepartie, le Québec devra rendre accessible le territoire québécois
à la gestion permanente de tous les déchets nucléaires produits par
les sites nucléaires canadiens. Il héritera
en plus des engagements convenus entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick
et Team Canada. Rappelons que parmi ces ententes,
Énergie Nouveau-Brunswick s’est engagé
à construire un deuxième réacteur nucléaire.
Pour Michel Duguay,
coordonnateur de la Coalition, « Nous devons alerter la population
du Québec et exiger du gouvernement qu’il refuse d’inclure la centrale
nucléaire de Pointe-Lepreau dans son projet d’achat d’Énergie
Nouveau-Brunswick. Le gouvernement Charest n’a pas la légitimité
requise pour autoriser, sans consulter la population, l’acquisition
par l’État québécois de la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau,
ni à s’engager, sans aucun débat, à construire Pointe-Lepreau 2. »
L’acquisition
de Pointe Lepreau impliquerait également que le Québec devienne le
propriétaire légal de tout ce que contient ce site nucléaire, y compris
ses milliers de tonnes des déchets
radioactifs. Personne au monde ne sait que faire de ces déchets et
au fil des ans les coûts relatifs
à leur gestion permanente ne cesse de
prendre des proportions astronomiques. Au Canada, l’évaluation officielle
des coûts de gestion permanente des déchets de combustible irradié
est passée de quelques centaines de millions de dollars
à plus de $ 24 milliards. Tous les observateurs s’entendent pour
dire que cette évaluation est largement sous-estimée.
Le vieillissement
prématuré de la centrale nucléaire CANDU de Pointe-Lepreau et la
catastrophe financière dans laquelle son projet de réfection a précipité
la société d’État New Brunswick Power Authority devrait inciter
les élus Québécois à la prudence la plus élémentaire et
à refuser cette transaction. La réfection de réacteur nucléaire
effectuée dans de si mauvaises conditions compromet sérieusement la
qualité des travaux en cours à Pointe-Lepreau. Considérant que la
durée de vie moyenne des centrales nucléaires canadiennes rénovées
ne dépasse pas sept ans, il serait prudent que le gouvernement du Québec
exige qu’Hydro-Québec retire Pointe-Lepreau de son projet d’acquisition.
Selon Laure Waridel, écosociologue, « Plutôt que de s’entêter à poursuivre dans la voie du nucléaire, le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait, tout comme le gouvernement du Québec d’ailleurs, mettre fin aux incertitudes engendrées par la réfection des réacteurs nucléaires de Pointe-Lepreau et de Gentilly 2. Nos gouvernements respectifs devraient immédiatement décréter le déclassement de leur site nucléaire et utiliser autrement les $ 875 millions que chacun a déjà provisionnés à cet effet ».
Les efforts conjugués des sociétés d’État que sont Énergie Nouveau Brunswick et Hydro-Québec seraient en mesure de mettre au point l’expertise requise au déclassement, le plus sécuritaire possible, des centrales nucléaires canadiennes et étrangères. En procédant immédiatement à la sécurisation complète de nos sites nucléaires selon les plus hautes exigences reconnues internationalement et à l’élaboration des modalités de suivi radiologique des travaux requis pourraient non seulement créer beaucoup d’emplois pour des décennies, mais mettraient nos populations à l’abri des risques d’accidents technologiques, naturels ou de malveillance humaine (terrorisme et militaire) inhérents à l’exploitation des centrales nucléaires. Un marché évalué à mille milliards de dollars devra être consacré au déclassement des infrastructures civiles et militaires selon le journal Le Monde. « À nous de conquérir ces marchés et ainsi contribuer à solutionner les problèmes engendrés par la filière nucléaire plutôt que de nous entêter à les perpétuer » de conclure Michel Duguay.
-30-
Pour information :
Michel Fugère, Mouvement Vert Mauricie , tél. 819-532-2073
Michel Duguay, Mouvement Sortons le Québec du Nucléaire , tél. 418-656-3557
Christian Simard, Nature Québec, tél. 418-931-1131
Le regroupement «Sortons le Québec du nucléaire » est constitué des organismes suivants :