MONTRÉAL, le 28 sept. /CNW Telbec/ - L'Association québécoise de
lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) s'inquiète grandement
des impacts possibles et de l'insuffisance de l'encadrement
réglementaire relatif à la prospection de gaz de schiste dans la vallée
du Saint-Laurent et sa possible mise en exploitation.
Le gaz de schiste (shale ou tight gas) est une forme de gaz naturel
particulièrement difficile à extraire. Au Québec, il se retrouve
principalement sur la rive sud du Saint-Laurent, entre Montréal et
Lévis. Depuis deux ans, le gouvernement du Québec a émis de nombreux
permis de prospection de gaz de schiste couvrant la quasi-totalité des
zones habitées de la vallée du Saint-Laurent. On s'attend à ce que,
suite à cette prospection, des demandes de permis d'exploitation
permanente soient prochainement logées.
Or l'extraction du gaz de schiste suscite déjà de nombreuses
inquiétudes aux États-Unis et dans d'autres parties du monde où elles
ont déjà été entreprises :
- Grand nombre de puits requis par exploitant. Aux États-Unis, en 2007,
il existait déjà au total 449 000 puits répartis dans 32 États.
- Risque d'émissions fugitives de méthane et de fuites de sulfure
d'hydrogène (H2S), un gaz explosif et toxique, potentiellement très
dangereux pour la santé humaine et animale.
- Usage de grandes quantités d'eau pour procéder à l'extraction.
Diminution de la quantité d'eau disponible à la population pour
d'autres usages.
- Injection de solvants chimiques dans le sol pour fractionner le schiste
et en extraire les bulles de gaz. Risque de contamination des sols et
de la nappe phréatique. Besoin de vastes bassins de récupération de
l'eau contaminée dont le mode de disposition reste incertain. Dommages
à la surface des sols et aux équipements routiers en raison de la
circulation continue de camions citernes.
- Bruit continu des équipements.
Pour chaque gisement exploité,
l'extraction du gaz de schiste
nécessite des MILLIONS de litres
d'eau dont la majeure partie
devient contaminée.
Dans plusieurs états américains, des autorités envisagent des
moratoires sur l'extraction de gaz de schiste afin d'en examiner
davantage les impacts et d'établir une réglementation appropriée.
Au Québec, l'obtention de permis de prospection ou d'extraction de
gaz de schiste n'est pas sujette au Règlement sur l'évaluation et
l'examen des impacts sur l'environnement. Des citoyens ne peuvent donc
pas déclencher une audience du BAPE sur un tel projet. Le Ministère du
Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) ne
dispose pas encore de directive pour encadrer l'octroi de certificats
d'autorisation environnementale et ceux-ci ne sont pas même toujours
nécessaires pour les puits d'exploration. La Loi sur les mines empêche
par ailleurs les municipalités inquiètes de s'opposer à des projets de
prospection ou d'exploitation ou de limiter de tels projets par des
règlements de zonage.
L'AQLPA s'inquiète de cette insuffisance du cadre réglementaire. M.
André Bélisle, président de l'AQLPA, déclare : "Nous demandons au
gouvernement du Québec de préciser sa position dans ce dossier et d'en
faire un dossier public, car l'extraction du gaz de schiste demande une
utilisation massive d'eau et qu'elle est susceptible d'amener des
émanations atmosphériques toxiques et une contamination de la nappe
phréatique et des sols. Ceci risque de compromettre le développement
agricole dans la vallée du Saint-Laurent, tout en éloignant le
gouvernement de ses objectifs de développement durable et du Protocole
de Kyoto". Il ajoute que "l'AQLPA croit que la
santé, la sécurité et la possibilité de vivre en toute quiétude doivent
avoir priorité sur une production énergétique dont il n'est pas prouvé
hors de tout doute qu'elle est sécuritaire, ni qu'elle réponde à un
besoin réel de la population du Québec".
L'AQLPA demande donc au gouvernement du Québec d'émettre un
moratoire sur la poursuite de l'émission des permis et autorisations de
prospection de gaz au schiste et de n'émettre aucune autorisation
d'exploitation de ce gaz au Québec tant qu'une audience générique du
BAPE n'aura pas eu lieu afin d'identifier les impacts de cette activité
et de recommander une réglementation adéquate pour l'encadrer.
À propos de l'AQLPA (www.aqlpa.com)
L'AQLPA est un organisme qui s'est donné pour mandat de
contribuer à la protection de l'air et de l'atmosphère entourant notre
planète, à la fois pour la santé des humains et des écosystèmes qu'elle
abrite, notamment en : sensibilisant, informant, mobilisant,
représentant et en faisant connaître les intérêts, les choix, les
préoccupations ou encore les positions des intervenants du milieu
auprès des décideurs.
Renseignements: Relations avec les médias et demande d'entrevues: Marie-José Bégin, ![]()

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(514) 994-0802
, mariejose@pingcommunication.ca; Source: AQLPA - www.aqlpa.com; Autres documents disponibles sur demande: Questions au Gouvernement et Carte des permis d'exploration pétrolière et gazière