Des Algonquins se planteront devant les équipements forestiers: arrêt complet de l’exploitation du bois jusqu’à ce que le gouver


Kitiganik/Lac Rapide/Territoire Algonquin - Ce matin, des Algonquins du Lac Barrière bloqueront pacifiquement les équipements des employés forestiers d’Abitibi-Bowater, les empêchant ainsi d’exploiter leur territoire jusqu’à ce que le gouvernement provincial tienne compte des accords touchant la foresterie et autres exploitations des ressources sur le territoire des Algonquins du Lac Barrière.  Ils cherchent aussi  la reconnaissance du leadership légitime de cette première nation de la part des deux gouvernements.  

Jean-Maurice Matchewan, chef des ALB, élu selon la coutume, affirme que “Notre communauté a décidé qu’il n’y aura plus d’exploitations forestières ni de nouveaux développements sur le territoire compris dans l’accord trilatéral tant et aussi longtemps que la position officielle du leadership et les ententes conclues ne soient résolues à la satisfaction des membres de la communauté”. 

“Le gouvernement du Québec a agi de mauvaise foi en accordant un droit de coupe aux compagnies alors que celles-ci n’honorent pas leurs obligations légales, nous laissant aucun autre choix que d’exiger que ces compagnies forestières cessent toutes opérations jusqu’à ce que Québec respecte l’entente. Nous avons attendu plus de trois ans pour que le Québec mette en oeuvre cette entente," précise chef Matchewan.

Il n’y eut aucune réponse à une lettre du chef Matchewan envoyée le 26 août dernier au gérant de l’usine de Maniwaki, Monsieur Paul Grondin, qui demandait qu’on cesse toutes opérations et ce,  jusqu’à ce que le gouvernement accepte leurs responsabilités. 

“Nous nous installerons paisiblement devant leurs équipements jusqu’à ce que nous obtenions des résultats.  On s’attend que la police soit de la partie: une tactique habituelle.  C’est notre territoire et ils ne nous bousculeront pas”, dit chef Matchewan. 

Les deux gouvernements ont refusé de reconnaître le résultat des éléctions du 24 juin dernier où Jean-Maurice Matchewan fut réélu chef coutumier légitime des Algonquins du Lac Barrière.  Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo a toutefois rencontré chef Matchewan le 19 août dernier pour discuter de l’accord trilatéral et des préoccupations de sa communauté.  Le Secrétariat de la Nation Algonquine, un conseil tribal représentant trois communautés algonquines dont Lac Barrière, réaffirmait leur appui au chef Matchewan. 

“Au lieu d’agir honorablement et de coopérer avec notre conseil coutumier pour implanter ces ententes, les deux gouvernements collaborent pour introduire un groupe minoritaire qui, eux, procéderaient à la coupe de nos forêts”, précise chef Matchewan. 

La communauté du Lac Barrière veut que le Canada et le Québec fassent respecter l’entente trilatérale signée en 1991, une entente décisive touchant au développement durable et à la cogestion des ressources, entente qui avait alors été applaudie par l’ONU et la Commission royale sur les peuples autochtones. Le Canada est non-respectueux de l’entente depuis 2001. Le Québec avait signé une entente bilatérale complémentaire en 1998 mais hésite à l’honorer malgré les recommendations de deux anciens ministres du cabinet québécois, représentant particulier du Québec John Ciacca et Clifford Lincoln, représentant particulier des Algonquins du Lac Barrière, lesquels en prônaient la mise en oeuvre. L’entente vise à permettre l’exploitation forestière tout en protégeant les traditions algonquines et leur allouant une part de 1.5 millions$ tirée des 100 millions$ de revenus sur les ressources qui sont soutirées de leur territoire annuellement.

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