Nouveau rapport de Greenpeace: Les sables bitumineux brûlent nos économies et réchauffent la planète


14 septembre 2009 (Edmonton) – Un rapport de Greenpeace rédigé par le journaliste Andrew Nikiforuk et publié aujourd’hui vient de nouveau
entacher le rôle du Canada dans la lutte contre les changements
climatiques. Intitulé Dirty: How the tar sands are fueling the global
climate crisis, ce rapport documente les impacts extrêmement négatifs
de l’exploitation des sables bitumineux qui augmente chaque jour un peu
plus la dépendance mondiale au pétrole.

« Ce rapport démontre noir sur blanc que l’industrie des sables
bitumineux joue un rôle fondamental dans la destruction de notre climat
», explique Mélissa Filion, directrice intérimaire de Greenpeace au
Québec.

On y souligne également que le Canada est devenu un « délinquant du
carbone » sur la scène internationale, faisant non seulement
obstruction à l’atteinte des cibles de Kyoto, mais exerçant également
un lobby puissant pour faire échouer les négociations internationales
en vue de Copenhague.

Le rapport compare les émissions de gaz à effet de serre (GES) émis par
les sables bitumineux à celles des éruptions volcaniques mondiales. Si
la production de pétrole issue des sables bitumineux passe, comme il
est prévu, de 1,3 million de barils par jour à 3 à 5 millions d'ici à
2030, ces projets émettront plus de CO2 sur une base annuelle que tous
les volcans du monde.

À la lecture du document, on apprend qu’en dépit de la crise financière
actuelle, les multinationales pétrolières et certains États continuent
d’investir dans l’industrie du pétrole sale de l’Alberta qui est
maintenant le plus grand projet d'énergie du monde et la plus grande
source de GES pour le Canada.

« L’expansion rapide des sables bitumineux a fait du Canada le
fournisseur numéro 1 de pétrole pour les États-Unis », rapporte
Virginie Lambert Ferry, responsable de la campagne Climat et Énergie
chez Greenpeace. « Complice de cette industrie, Stephen Harper
privilégie les profits des pétrolières et refile la facture des coûts
environnementaux à tous les citoyens, même aux Québécois ».

Alors que les investissements dans les sables bitumineux en Alberta ont
presque atteint les 200 milliards $, la technologie miracle proposée
pour contrer l’augmentation des émissions, la capture et l’entreposage
du carbone n’a pas encore été développée et pourrait même ne pas l’être
d’ici 15 à 20 ans.

Au cours des 20 prochaines années, entre 2 milliards $ et 3 milliards $
par an seront nécessaires pour mettre en place une telle technologie. «
C'est l'argent des contribuables de partout au pays qui servira à
décrasser l’Alberta », s’exclame Mélissa Filion.

Greenpeace publie ce rapport tout juste avant une importante rencontre
entre le premier ministre Harper et le président Obama, ce mercredi 16
septembre à Washington, DC. L’organisation rappelle aux deux chefs
d’État que le développement des sables bitumineux entraîne un peu plus
la planète vers un chaos climatique mondial.

Le rapport Dirty: How the tar sands are fueling the global climate crisis est disponible en anglais sur Internet à l’adresse : www.greenpeace.ca/dirtyoil <http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/rapport-dirty-oil>

*Pour plus de renseignements :*

Catherine Vézina, Relation de presses, (514) 212-5749

*Note aux médias : *

À la demande de Greenpeace, ce rapport a été rédigé par Andrew
Nikiforuk, spécialiste des secteurs des affaires et de l'environnement.
Nikiforuk a reçu différents prix pour un ouvrage précédent portant
aussi sur la problématique des sables bitumineux (Tar Sands: Dirty oil
and the Future of a Continent).

Les principales conclusions du rapport :

* Comme il faut un apport en énergie extrêmement élevé pour produire
du pétrole à partir des sables bitumineux, ce pétrole laisse une
empreinte carbonique plus marquée que tout autre produit pétrolier
sur le marché. Dans certains cas, le pétrole des sables bitumineux
est désormais 10 fois plus « sale » que le pétrole de la Mer du Nord.
* Le pétrole des sables bitumineux « cannibalise » la production de
gaz naturel du Canada. Pour liquéfier le bitume, on utilise chaque
jour une quantité de gaz qui permettrait de chauffer des millions
de maisons.
* Les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de
l’exploitation des sables bitumineux pourraient atteindre de 127 à
140 millions de tonnes en 2020. À elle seule, cette industrie
pourrait donc émettre plus de GES que l’Autriche, le Portugal,
l’Irlande, le Danemark ou même la Belgique.
* Le Canada ne fournit pas de données claires et complètes sur les
émissions de GES pour l’ensemble du cycle de vie.

Cordialement,
Mélissa Filion