Commentaire de François Lapierre, Porte parole sur le dossier uranium à l'Association de Protection de l'Environnement des Hautes-Laurentides, à la Coalition Pour que le Québec ait meilleure Mine et au Réseau Québécois des Groupes Écologistes.
Aujourd’hui la montagne a accouchée d’une sourie après deux années de lente gestation.
Après des événements qui ont brassé le MRNF, événements tel que le BAPE OSISKO à Malartic, le rapport du vérificateur général, et le forum sur l’uranium à Sept-Îles, la montagne ne pouvait plus se retenir et ses eaux ont crevées.
Est née la toute nouvelle Stratégie minérale du Québec sur fond vert « développement durable » ! Tadam !!
L’intention de laver vert est bonne mais on peut toujours attendre pour les changements évoqués par les deux orientations « sociétales » issues des attentes du milieu suites aux événements évoqués auparavant. Les citoyens vivants sur les « claims » ne sont pas encore sortis du bois. Au moins ils l’appendront du prospecteur par lettre officielle plutôt que par la rumeur.
Ces orientations sociétales permettront de faire avaler la pilule économique pour créer de la richesse et des retombées économiques par de beaux programmes de recherche et de dépollution, à coups de millions de nos argents, avec une intention de revoir le régime de redevance mais sans rien de précis comme politique. C’est un peu mince après deux ans de cogitation. Mais c’est sur qu’il ne faut pas aller trop vite avec l’industrie minière qui vit présentement des difficultés économiques comme vous et moi !
Ces orientations sociétales sont d’assurer un développement respectueux de l’environnement et d’intégrer le milieu et les communautés dans les décisions touchant les projets miniers.
Il y a quelques bons points, par exemple, le ministère sera plus exigeant pour les travaux d’exploration et les compagnies pourront avoir un certificat d’autorisation obligatoire seulement après dépôt d’un plan de restauration des sites d’exploration.
L’objectif de favoriser un développement minéral associé aux communautés et intégré dans le milieu est fort louable tout comme de vouloir donner des outils aux citoyens des communautés pour qu’ils participent aux consultations et séances d’informations. On parle aussi de pouvoirs accrus aux Commissions des Ressources Naturelles et du Territoire comme outils pour impliquer les communautés.
Mais jamais il n’est dit que ces consultations publiques régionales auront un quelconque pouvoir de décision sur le développement intégré du territoire des MRC.
On n’est pas plus avancé qu’avec le BAPE…Romaine…Rabaska… … OSISKO ?... !
On nous dit que même les projets miniers de moins de 3,000 tonnes de minerais par jour (avant c’était 7,000), non soumis aux audiences en environnement du BAPE, devront faire l’objet de consultations publiques.
Avant même la nouvelle stratégie minière du Québec, tout projet d’exploitation d’uranium est déjà assujettie automatiquement aux audiences en environnement du BAPE et de la Commission Canadienne de Sûreté Nucléaire qui accorde un pouvoir de consultation des communautés touchées par les projets.
Donc les communautés sont consultées mais quand décident-elles elles même de leur développement ?
La nouvelle stratégie minière mettra-t-elle ces communautés à l’abri des cycles de l’industrie minière, dépendante des spéculateurs boursiers comme l’est la marée de l’influence de la lune.
Pour la question de la demande de moratoire sur l’uranium au Québec, rien… Nothing at all !
Sur le site www.quebecminier.gouv.qc.ca qui présente officiellement la stratégie minérale du Québec, rien à répondre aux milliers de citoyens, municipalités, partis politiques, organismes sociaux et environnementaux tel que la Coalition Pour que le Québec ait meilleure Mine dont est membre l’APEHL, qui en font la demande répétée et fort bien argumentée depuis plusieurs années.
Cette demande issue des différentes régions du Québec touchées par l’exploration minière de l’uranium est elle jugée si frivole qu’il ne vaille même pas la peine d’y répondre franchement, ni même d’évoquer une tentative polie de réponse?
Lors de la présentation de la stratégie par le sous-ministre Jean Lebelle, celui-ci a dit que des balises sur l’exploration de substances radioactives seront mises en place par une réglementation s’inspirant de celle de la Saskatchewan ; le plus gros producteur d’uranium au monde. C’est rassurant…
Les compagnies désirant faire des travaux d’exploration sur des substances radioactives devront le déclarer au ministère et toutes découvertes devront obligatoirement être aussi déclarées. C’est parce que…, les compagnies d’exploration le font déjà si elles veulent profiter des généreux programmes de subventions et autres crédits d’impôt. Plus ça change, plus c’est pareil.
La sourie est jeune et elle grandira. La stratégie minérale du Québec fera l’objet d’une consultation régionale l’automne prochain avant de servir pour une réforme de la loi des mines et la loi sur les redevances minières.
Cette tournée régionale sera l’occasion de débattre avec le Ministre délégué aux Ressources naturelles, monsieur Serge Simard,de la pertinence d’un moratoire sur l’uranium au Québec.
Moratoire qui permettra au ministère d’évaluer les enjeux avant d’être prit devant le fait accomplit d’un précédant d’une mine d’uranium en exploitation sur le territoire du Québec, avec les retombées environnementales a gérer pour toujours et les pressions politiques touchant la gestion des déchets radioactifs de tous les réacteurs CANDU au Canada et au monde !
Sinon la nouvelle ministre des Ressources Naturelles, madame Normandeau devra user, au cas par cas à chaque opposition d’une communauté, de son nouveau pouvoir discrétionnaire permettant de soustraire des territoires aux activités minières en cas de conflits d’usage.
Car avec une mine d’uranium on ne peu parler de conciliation des usages du territoire dans un esprit de développement durable, c’est totalement anachronique.
Autrement dit, cela n’a pas de bon sens et le fardeau de la preuve en incombe à l’industrie.
Le forum sur l’uranium n’aura pas calmé mes appréhensions face au nucléaire ; de la mine d’uranium à Mont-Laurier, Sept-Îles ou La Pêche, à la centrale nucléaire Gentilly 2 à Bécancour, aux déchets à gérer de façon sécuritaire pour l’éternité ; sans aucune possibilité d’erreur humaine ou de catastrophe naturelle.
Esprit magique décend sur nous pauvres consommateurs invétérés, assoiffés d’énergie à tout prix.
C’est ça le pays que nous voulons donner à nos petits enfants ? Je ne crois pas et il est temps de le laisser savoir au gouvernement de monsieur Jean Charest.
Nous avons un beau pays et voulons le conserver sans plus de radioactivité.
François Lapierre