Stratégie minérale du Québec : La montagne accouche d’une souris
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Québec, 3 juillet 2009. Malgré les nombreux problèmes du secteur minier québécois révélés au cours des deux dernières années —BAPE à Malartic, rapport du Vérificateur général, bris d’une digue à Chapais, aires protégées non réalisées, Forum de l’uranium à Sept-Îles— le gouvernement accouche aujourd’hui d’une souris. « La nouvelle stratégie minérale refile une facture de plus de 800 M$ aux contribuables québécois, alors que rien de concret n’est proposé pour modifier les redevances minières actuelles, ni même pour favoriser les exploitations à faibles impacts écologiques et, à l’inverse, pénaliser celles à forts impacts », explique Christian Simard de Nature Québec.
Pour Henri Jacob de l’Action boréale de l’Abitibi-Témiscamingue (ABAT): « Il est inconcevable que la stratégie minière reste complètement muette concernant les méga mines en surface de type fort tonnage - faible teneur, alors que de plus en plus de ces projets sont envisagés par l’industrie. Ces mines laissent de lourdes traces sur le territoire et ont beaucoup plus d’impacts au plan environnemental. C’est comme si le gouvernement souhaite garder le couvert sur la marmite et pense que les milliards de tonnes de résidus miniers qu’il tente de repousser sous le tapis ne paraîtront pas! »
François Lapierre du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) abonde dans le même sens concernant l’uranium au Québec : « Il est incompréhensible que la stratégie minière reste muette à propos de l’imposition d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium qui fait consensus dans de nombreuses communautés du sud du Québec et de la Côte-Nord. Comment le gouvernement peut-il réduire au silence près de 75 000 personnes et une quinzaine de municipalités qui ont passé des résolutions en faveur d’un tel moratoire ? »
Ugo Lapointe du Forum de l’Institut des Sciences de l’environnement (FISE) fait le décompte : « 264 M$ pour la restauration des sites abandonnés, 350 M$ pour faciliter l’accès au nord québécois et 200 M$ pour soutenir l’exploration minière à l’aide du fonds du Patrimoine minier, et ce, sans compter les nombreuses aides fiscales pour soutenir l’industrie. Le gouvernement doit comprendre que ce n’est pas aux contribuables québécois d’éponger à eux seuls la dette environnementale des sites miniers abandonnés et qu’une redevance minimale de 2 à 5 % sur les revenus bruts est nécessaire pour préparer dès maintenant l’avenir des régions minières et compenser l’épuisement de nos ressources non renouvelables. La plupart des pays et régions minières le font, pourquoi pas nous ? »
Enfin, bien que la stratégie prévoit des améliorations aux plans de la consultation publique, des garanties financières exigibles pour la restauration de nouvelles mines (passant de 70 à 100 %) et de la prise en compte d’autres usages du territoire, il demeure que la plupart des nouvelles mines ne seraient pas assujetties à une évaluation environnementale publique encadrée par le gouvernement (mais plutôt par les entreprises elles-mêmes), qu’aucun versement de la garantie financière pour la restauration ne serait exigible avant l’ouverture d’une nouvelle mine et que la préséance du développement minier sur d’autres utilisations du territoire n’est pas remis en cause par l’actuelle stratégie minière.
Le gouvernement doit prendre acte de l’urgence d’agir et d’entamer une réelle réforme du secteur minier québécois en concertation avec tous les intervenants du milieu, car les décisions prises aujourd’hui auront des conséquences pour les prochaines décennies.
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Pour information :
· Henri Jacob, Action boréale Abitibi-Témiscamingue, 










819-73...
ou 










819-82...
#252, lereve@cablevision.qc.ca
· Ugo Lapointe, Forum de l’Institut des sciences de l’environnement, 










514.708.0134
, ugolapi@yahoo.com
· Christian Simard, Nature Québec, 










418-931-1131
, christian.simard@naturequebec.
La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée de plus d’une douzaine d’organismes représentant plusieurs milliers de membres au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental. La coalition juge essentiel d’engager et de maintenir un dialogue constructif avec les différents intervenants du secteur minier québécois, le gouvernement du Québec, de même qu’avec les communautés et les citoyens qui sont directement affectés.
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