Une poursuite bâillon Lettre ouverte à Monsieur André Proulx, président de Pétrolia.
4 février 2011 Monsieur Proulx, Premièrement, on constate clairement, en lisant l’article signé par Geneviève Gélinas, que Monsieur Lapointe parle d’un fait général et qu’il ne vise pas Pétrolia en particulier. Votre poursuite ne tient donc pas la route. En effet, le porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure MINE estime que la législation québécoise devrait obliger les compagnies minières à payer des redevances dès qu’elles extraient du gaz et du pétrole du sous-sol québécois et qu’elles en tirent des revenus. On comprend fort bien que Monsieur Lapointe ne souhaite pas salir la réputation de Pétrolia, mais qu’il veut plutôt dénoncer une situation qu’il juge inacceptable. En deuxième lieu, si Monsieur Lapointe avait visé uniquement Pétrolia, j’estime tout de même qu’il aurait été dans son droit. Il faut avoir une imagination surchauffée comme la vôtre pour comprendre que le mot « vol » a ici le sens qu’il prend par exemple pour désigner le méfait d’un voleur qui entre dans une maison pour subtiliser les biens des propriétaires. À la lecture de l’article du Soleil, il est clair qu’Ugo Lapointe a utilisé le mot « vol » dans son acception suivante : « vol : le fait de prendre des bénéfices excessifs. » Essentiellement, Monsieur Lapointe dit que les minières tirent des avantages excessifs de leur exploitation du sous-sol québécois. Un point c’est tout. Il n’y a aucune visée diffamatoire dans ses propos. Si vous étiez vraiment soucieux de l’image de votre entreprise, vous ne vous lanceriez pas dans une poursuite-bâillon comme vous le faites dans le cas présent. Les citoyens québécois vous regardent agir, Monsieur Proulx, et il serait étonnant que votre entreprise ne sorte pas écorchée du procès que vous intentez contre Ugo Lapointe. En effet, il faut être aveugle pour ne pas comprendre que vous souhaitez museler Monsieur Lapointe ainsi que les autres membres de la coalition en les empêtrant dans des poursuites judiciaires coûteuses en termes de temps et d’argent. Ce faisant, vous vous situez dans la droite ligne des dirigeants de Barrick Gold et de Banro, deux minières peu scrupuleuses, qui ont intenté deux poursuites totalisant onze millions de dollars contre les auteurs et l’éditeur du livre Noir Canada. Le Québec s’est doté en juin 2009 d’une loi visant à contrer les poursuites abusives. Le juge Dallaire de la Cour supérieure du Québec a d’ailleurs invoqué cette loi dans son jugement au sujet du litige qui opposait deux résidants de Cantley à une entreprise privée qui exploitait un site d’enfouissement. Dans son jugement qui a donné raison aux deux citoyens, le juge écrivait que « le fait d'instituer des procédures pour un montant très élevé contre des individus susceptibles d'être ruinés par une telle action en justice est certainement susceptible de les bâillonner et de leur enlever le goût de s'exprimer publiquement. » Il est à espérer que le juge chargé de trancher dans le litige qui vous oppose à Monsieur Lapointe évoquera cette loi pour que cessent vos tentatives de limiter la liberté d’expression dont devrait jouir tout citoyen. En espérant que cette lettre n’a pas irrité outre mesure votre épiderme hypersensible, je vous transmets, Monsieur Proulx, mes salutations les plus distinguées. Nicolas Bourdon
N’avez-vous pas honte de vous en prendre indûment à un citoyen qui n’a fait qu’exprimer son opinion? Ainsi, vous poursuivez conjointement Ugo Lapointe et le journal Le Soleil pour une somme de 350 000$ pour des propos que Monsieur Lapointe a tenus et qui ont été repris dans le Soleil du 3 décembre 2010. Monsieur Lapointe avait alors déclaré que le fait que les entreprises minières ne paient pas de redevances au stade exploratoire d’un projet minier constitue un « vol à petite échelle qui ouvre la porte à du vol à plus grande échelle. »
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