Retour sur la campagne « Le réemploi, ça déménage ! »

Notre butin en images

Montréal, le 8 août 2012 – À l’occasion de la période intensive de déménagements durant le mois de juillet avec un pic lors de la fin de semaine du 1er juillet 2012, Action RE-buts a lancé la campagne « Le réemploi, ça déménage ! ». Y a-t-il vraiment des trésors entassés sur nos trottoirs ? Pour en avoir le cœur net, Action RE-buts est partie explorer la rue Saint-Denis à Montréal, entre les rues Faillon Est et Liège Est le lundi 2 juillet 2012. Notre chasse aux trésors s’est avérée effroyablement prolifique.

 

Un entassement gigantesque tous les 33 mètres

Sur seulement 1,33 km arpenté, l’équipe d’Action RE-buts a recensé 40 entassements plus ou moins gigantesques débordant de « déchets ». Notre équipe a choisi 7 items et a compté le nombre de ces objets abandonnés sur cette portion de la rue Saint-Denis. Au total, 17 divans, fauteuils et chaises, 8 téléviseurs, 12 résidus domestiques dangereux et pots de peinture, 5 ordinateurs, 34 meubles préfabriqués, 6 tables et 11 matelas ont été comptabilisés (photos disponibles à www.actionrebuts.org). On retrouve également beaucoup de vêtements, d’aspirateurs et un nombre incroyable de tapis sauve-pantalons et de paires de chaussures.

 

Un gaspillage toxique pour l’environnement et la santé

Si la plupart de ces objets sont en bon état avant de se retrouver à la rue, ils sont souvent jetés sans aucune précaution. Les objets se retrouvent donc abîmés, voire inutilisables. Le plus désolant sont les téléviseurs et les ordinateurs qui pourraient facilement trouver une deuxième vie mais qui sont rapidement brisés afin d’en récupérer les métaux rares et chers qu’ils contiennent (notamment l’aluminium, le cuivre et le plomb). Les briseurs ne se rendent peut-être pas compte qu’ils prennent d’énormes risques pour leur santé et celle de l’environnement.

 

« Les métaux lourds [comme le plomb] sont non dégradables, c'est-à-dire qu'ils ne font que changer de forme chimique. Cette spécificité fait que ces éléments ont une tendance à s'accumuler dans l'environnement. Au fil de la chaîne alimentaire, ils s'accumulent alors de même manière dans les tissus vivants et peuvent atteindre des concentrations problématiques chez les prédateurs de dernier ordre, dont l'homme. Leurs effets sur la santé sont divers, allant de l'atteinte au système nerveux jusqu'à des potentiels cancérigènes » (rapport « Les déchets et la mondialisation des déchets », École polytechnique fédérale de Lausanne, 2008).

 

La solution : promouvoir la réutilisation et faciliter le réemploi

Pour ce projet, Action RE-buts a souhaité s’associer à un organisme de réemploi pour qu’il récupère les objets en bon état lors de cette tournée exceptionnelle mais les organismes contactés étaient tous surchargés lors de cette fin de semaine, ce qui est une bonne nouvelle mais démontre également que l'offre de réemploi à Montréal ne répond pas à la demande.

 

« La plupart des objets abandonnés ont un fort potentiel de réutilisation car ce sont des biens fonctionnels courants (tables, chaises, meubles, etc.). Nous avons aussi remarqué que beaucoup d’objets à prix réduit sont jetés sans discernement, répondant à une logique de surconsommation : le tapis pour les chaussures d’hiver est encombrant l’été ? Mettons-le aux « déchets », et on en rachètera un nouveau cet hiver… Nous devrions réfléchir ensemble à une solution pour réduire ce gaspillage et développer les services de réemploi, notamment lors de ces périodes intensives de déménagement » conseille Mme Anipier Maheu, administratice d’Action RE-buts.

 

Action RE-buts est un organisme à but non lucratif qui promeut l’approche 3R

(Réduction et réparation, Réemploi, Recyclage/Compostage) en mettant l’accent sur la réduction à la source

 

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Contact :

Bogdana Lupas-Collinet , coordonnatrice

Action RE-buts – (514) 396 7894

www.actionrebuts.org